Il y a psy et psy

Le terme générique de « psy » peut être parfois source de confusion tant plusieurs catégories de praticiens s’y réfèrent. Dans ce domaine, on distingue traditionnellement quatre « familles » : le psychologue, le psychiatre, le psychanalyste et le psychothérapeute. Chacun a ses propres spécificités.

Avant d’entrer dans le détail des domaines d’intervention de chacun, il convient de savoir qu’en France, seuls les titres de psychologue et de psychiatre ont un caractère officiel sanctionné par l’obtention d’un diplôme universitaire d’Etat spécifique. En revanche, les titres de psychothérapeute et de psychanalyste sont réglementés de manière plus souple et plus récente.

Le psychologue

Il doit posséder une formation universitaire spécialisée en psychologie d’au minimum 5 ans et un diplôme de 3ème cycle en psychologie (Master 2, anciennement DESS ou DEA). L’usurpation de ces titres est répréhensible et punie par des peines prévues dans le Code Pénal. De plus, depuis le 17 mars 2003, un psychologue salarié ou libéral doit obligatoirement s’enregistrer auprès de la DDASS du département où il exerce. Il reçoit en retour un numéro ADELI attestant de son inscription officielle.

Le psychologue s’attache à étudier et à comprendre les comportements humains et le fonctionnement du psychisme sous tous ses aspects au contact des patients. Son mode de traitement du symptôme est la parole.

En matière de soins et de psychothérapie, le psychologue clinicien est le seul habilité à effectuer des tests de personnalité et des tests d’évaluation du quotient intellectuel.

Le psychiatre

De tous les « psys », le psychiatre est le seul à disposer du titre de médecin à l’issue d’un doctorat en médecine et d’une spécialisation en psychiatrie. A ce titre, il est membre de l’Ordre des médecins.

Dans ce cadre, il est autorisé à prescrire des médicaments psychotropes sous ordonnance et établir des feuilles de soins. Il utilise également les techniques d’entretien propres à la psychothérapie.

Le psychanalyste

A la différence des deux catégories précédentes, le psychanalyste ne jouit d’aucun statut administratif officiel. C’est d’ailleurs le vœu d’une majorité des analystes qui considère leur discipline comme un domaine à part et indépendant. Toutefois, le psychanalyste est souvent membre d’une Ecole de psychanalyse.

Le psychanalyste recourt à des techniques psychothérapeutiques établies par Sigmund Freud. Il travaille essentiellement sur les processus inconscients et l’expression spontanée des pensées, l’association libre. Avant de pratiquer, il doit avoir lui-même effectué une analyse personnelle accompagnée par de nombreuses années de pratique sous supervision.

Il n’est pas rare de rencontrer également des psychologues et des psychiatres ayant suivi une formation complémentaire en psychanalyse.

Le psychothérapeute

Cette catégorie a longtemps fait débat en France du fait de l’absence de réglementation claire. Depuis 2004, le législateur s’est efforcé de préciser les contours de l’usage du titre de psychothérapeute et de la pratique de la psychothérapie (Article 52 de la loi n°806 du 9 août 2004 et amendement Accoyer à l’article 18 du code de Santé publique du 8 octobre 2003) en insistant sur la nécessité que les praticiens soient des professionnels justifiant d’une formation théorique et d’une pratique clinique. Il est d’ailleurs fréquent de trouver des psychiatres ou des psychologues pratiquant la psychothérapie.

Il n’en demeure pas moins que la vigilance reste conseillée. A la différence d’autres pays, la France ne possède aucune formation universitaire de psychothérapie. Seuls, quelques instituts privés dispensent des enseignements qui ne sont toutefois pas toujours reconnus par l’Etat. Avant de consulter, il est recommandé de s’informer sur le professionnel concerné.