L’adolescent

A quel moment venir consulter pour votre adolescent(e)?

3- L’adolescence 

Chez l’adolescent, tout changement brusque doit alerter : retrait, désintérêt vis a vis du groupe de copains ou au contraire sur-investissement au détriment de tout le reste, baisse importante des résultats scolaires, intérêt subit pour des thèmes morbides, perte d’appétit ou boulimie sont des motifs valables d’une demande de consultation psychologique. L’apparition (ou le renforcement) de vols, des fugues, l’entrée dans des conduites addictives (alcoolisation les week-end, utilisation de psychotropes) sont également d’autres signes d’alerte.

Quelques exemples de motifs de consultation

Votre adolescent est addicte au haschich ? à l’alcool ?

Le hasch a été mesestimé pendant longtemps. Le psychologue aujourd’hui rencontre des adolescents qui sont habitués, voir addictes au hasch. Ce qui est très ennuyeux. Biensûr les dégats sont réversibles. Ce n’est pas dramatique. Il faut dire à l’adolescent qu’il peut s’arrêter, et que s’il s’arréte l’effet de la substance extrémement toxique pour les neurones va diminuer progressivement. Cependant, il est évident qu’un adolescent qui fume réguliérement du hasch ne peut pas raisonner comme il faut, ne peut pas s’endormir comme il le devrait, est parfois obligé de faire  des actes delinquants pour se payer ses joints… Tout ceci est un problème grave. En général, les études sont complétement perturbées. On  ne peut pas à la fois être performant à l’école et fumer du hasch. Ce n’est pas possible. Et cela les adolescents commencent à le comprendre et commencent à remplacer le hasch par l’alcool. Certains adolescents perturbés préfères maintenant prendre des « cuites ».

A ceci s’associe tout un système de groupe. L’adolescent en quittant ses parents trouve un refuge dans le groupe dans lequel le leader va remplacer les parents. Le leader va remplacer un idéal, l’idéal qui jusque là était à l’exterieur. Tout le problème de l’adolescent est de se forger son propre idéal, d’arriver à s’assumer lui même et à ne plus être obligé d’être tout le temps sous la dépendance psychologique soit des parents soit du groupe. Ce que le psychologue peut l’aider à accomplir.

Toujours est il que pendant l’adolescence, l’adolescent est en groupe et que le groupe fait sa loi ou dit ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Et que pour l’amour du groupe certains adolescents sont près à faire n’importe quoi étant donné que c’est le groupe qui représente la loi.

Votre adolescent vous pique de l’argent ?

A l’adolescence, il arrive qu’un enfant pique de l’argent à ses parents. Or un(e) adolescent(e) qui se sert dans le portefeuille de ses parents a forcément une raison. Avant de réagir en posant des limites, la première chose à faire est de se demander pourquoi l’enfant agit-il de la sorte et quels sont les moyens que vous avez à votre disposition pour dénouer le problème.

Comment les parents se préparent à la crise d’adolescence de leur enfant ?

C’est un moment difficile surtout lorsqu’il n’a pas été préparé pendant l’enfance.

Pourquoi est-ce difficile? C’est difficile pour les enfants comme pour les parents car il faut abandonner un mode de fonctionnement jusque là très agréable, très chaleureux pour un affrontement avec la vie tout simplement. Si par exemple l’enfant a été surprotégé alors l’adolescence soit ne se fera pas du tout, soit elle sera difficile. Par exemple, si l’enfant a toujours été un petit roi, tout puissant, à l’adolescence il voudra jouir des mêmes prérogatives et du coup il risque de fumer du hasch, il risque de ne pas assumer ses études et de faire les 400 coups.

Les parents quant à eux soit ont oublié qu’ils ont été adolescents soit s’en rappellent trop bien. Lorsqu’ils s’en rappellent trop bien ils vont être avec leur adolescent comme ils auraient aimé que leurs parents soient avec eux. Alors que l’adolescent n’a peut être pas les mêmes idées que celles qu’ils avaient eux à l’époque. C’est une projection là qui est difficile.

Ce qu’il faut comprendre c’est que l’adolescence des enfants surprend les parents. Ils sont étonnés parce qu’ils ont oubliés non pas leur propre adolescence mais l’enfance de leur adolescent. Ils ont oubliés ce qu’il s’est passé à certains moments crutiaux de l’enfance de leur adolescent. C’est ce que l’adolescent va leur reprocher. Par exemple, l’adolescent va leur dire: « Ah ba oui quand vous avez divorcé quand j’avais 4 ans, toi Papa tu as dit à Maman… » ( L’adolescent fait un reproche à son père). Alors que les parents, eux, ont sincérement oublié cette période là. Et donc à cet instant, l’adolescent va rappeler quelque chose de désagréable pour les parents à la manière de ce qu’on appelle en psychanalyse une interprétation sauvage, c’est à dire que les parents ne sont pas préparés à l’interprétation que va leur faire leur adolescent.

Le rôle des parents est compliqué car à la fois il faut qu’ils soient unis et à la fois il faut qu’ils puissent avoir une parole en propre face à leur adolescent. Celui-ci n’a de cesse de diviser les parents. Il ne faut pas oublier que l’adolescent fait entrer un nouvel adulte dans le couple familial. Et donc, surtout en cas de mésentante parentale il va être balloté entre le père et la mère, il va être pris à partie, etc. Il faut que les parents soient solidaires mais pas trop non plus car il ne faut pas qu’ils donnent l’impression à l’adolescent qu’ils forment un bloc que Mélanie Klein appelait les « parents combinés ». Cette chose terrifiante qui donne l’impression à l’adolescent qu’il ne s’adresse pas à une personne mais à un mur.