Choisir son psy

C’est inéluctablement la question phare qui surgit lorsqu’on envisage de consulter un psy ! Qui choisir ? Quels critères faut-il appliquer ? Comment reconnaître un psy compétent d’un charlatan ? Autant d’interrogations qui assaillent l’esprit dès que l’on s’apprête à franchir la porte…

A ces questions, il est difficile de répondre avec une grille systématique et infaillible. Le choix d’un psy est avant tout un choix éminemment humain où le ressenti et le relationnel vont jouer une part prépondérante dans le futur travail qui s’ensuivra entre le thérapeute et son patient ainsi que dans sa réussite finale.

A savoir

Autant le savoir d’emblée : investir dans une démarche « psy » requiert d’abord la participation active de celui qui va consulter. Autrement dit, demandez-vous si vous êtes prêt à consacrer du temps régulièrement, à accepter des remises en cause, à évoquer des sujets peut-être délicats ou douloureux. Plus vous répondrez oui à ces points cruciaux, plus vos chances de progresser et d’aller mieux seront augmentées. C’est ce que nous appelons dans notre jargon psy, « la question de la demande ».

Ensuite, se pose la question du choix du soignant. Certains se déterminent en fonction du sexe du thérapeute. Là encore, vous êtes mieux placé que quiconque pour savoir si un homme ou une femme conviendra à vos attentes, si l’un ou l’autre vous mettra plus facilement à l’aise. Mais sachez qu’il n’existe pas de règles dans ce domaine !

Le conseil d’un proche, d’une relation amicale ou encore de votre médecin traitant peut également constituer une première piste si vous ne savez vraiment pas à quelle porte frapper.

Après la première rencontre

Ca y est ! Vous avez accompli le premier pas et vous avez rencontré un psychologue. Avant de vous engager durablement, prenez le temps de revenir sur vos impressions durant l’entretien préliminaire. Avez-vous apprécié l’accueil ? Avez-vous eu le sentiment d’être écouté et respecté ? Etiez-vous en confiance ou au contraire sur la défensive ? La thérapie proposée vous semble-t-elle claire ? La liste n’est pas exhaustive !

Il est essentiel de s’arrêter quelques instants sur les impressions de la première fois. Si vous ressentez une appréhension, un malaise ou tout simplement une indifférence, il est fort probable que le praticien n’est pas la personne indiquée pour votre problématique. Quels que soient ses diplômes ou sa notoriété, n’ayez aucune crainte, ni gêne à dire ouvertement que vous ne souhaitez pas poursuivre avec elle. C’est d’abord de vous et de votre mieux-être dont il s’agit !

Peut-on se tromper malgré tout ?

Une thérapie nécessite du temps et évolue selon différentes phases et en fonction du degré d’implication du patient. Il arrive parfois que l’on stagne, voire que l’on régresse ou encore que l’on déteste le praticien parce qu’il met à nu des émotions refoulées ou des épisodes douloureux. Pas de panique, ces sentiments font partie du processus thérapeutique. C’est le contraire qui serait inquiétant ! Ces moments clés indiquent que vous êtes sur la voie du progrès et des premiers changements perceptibles.

Sachez que votre parole est libre face au praticien qui n’est pas là pour juger. Son rôle est précisément de vous écouter, de tout écouter, y compris des reproches, des doutes ou des colères. Sa formation initiale lui a enseigné à faire la part des choses, à prendre du recul et à œuvrer dans l’intérêt du patient.

Quels sont les points à proscrire ?

Il existe malgré tout des limites dans la relation entre le thérapeute et le patient. En premier lieu, il est important que les séances se déroulent exclusivement dans le cabinet et non en dehors. Ensuite, le praticien doit conserver une neutralité bienveillante. En d’autres termes, il n’a pas à faire valoir ses opinions personnelles, à formuler des jugements de valeur ou bien à se référer à sa propre vie privée.

De même, demeurez vigilant face à de possibles dérives sectaires. Sous couvert de techniques psychologiques de développement personnel et d’appellations pseudo-scientifiques, certains thérapeutes (ou se définissant comme tels !) cherchent avant tout à embrigader et asseoir leur emprise sur des patients en détresse psychologique pour ensuite extorquer de l’argent, voire atteindre leur intégrité physique et mentale. En cas de doute, vous pouvez notamment vous renseigner auprès de la DDASS pour vérifier si le praticien est réellement enregistré administrativement et s’il possède un numéro Adeli.